Crée en 1947, ce sac bien reconnaissable fait désormais partie des grands classiques de la maison Gucci. Mais saviez-vous que sa création découle d’un contexte bien particulier ?
CRÉATION ET CONTEXTE
En effet, les années 1940 en Italie sont marquées par la dictature de Mussolini qui plonge le pays dans une pénurie de matières premières, tant pour l’usage quotidien que pour les produits de luxe. Partout en Europe, le manque s’installe et les usages évoluent.
Face à la pénurie de cuir, on voit apparaitre dans la mode des matériaux moins onéreux et plus disponibles car plus communs. A la fin de la décennie, les souliers ont déjà vu leurs talons remplacés par des blocs de liège, les coutures des bas sont tracées au crayon noir et Guccio Gucci, lui, a une idée qui marquera l’identité de sa maison pour toujours.
Il se tourne vers le Japon dont les produits ne sont soumis à aucune restriction pour entrer dans l’Europe de l’époque et tourne son regard vers un matériau solide et léger : la tige de bambou.
Il décide de lui faire subir un traitement qui reforme la tige, la patine et la sublime pour donner naissance à une anse solide et pleine d’audace.
Le corps du sac, lui, est composé d’une âme cartonnée recouverte d’étoffe. De très beaux exemples subsistent, recouverts de matériaux comme le satin pour le soir, ou de toile unie ou imprimée pour le jour.
LE DÉLICAT TRAVAIL DU BAMBOU
Si ce sac nécessite pas moins de 140 pièces et 13 heures de travail pour être réalisé dans les ateliers florentins de la maison, la poignée demande à elle seule un grand savoir-faire et une précision redoutable.
Pour façonner la canne de bambou, l’artisan la réchauffe directement au-dessus d’une flamme. Une fois pliée, cette dernière est laquée pour être la moins poreuse et la plus brillante possible. Pour finir, l’anse ainsi préparée est repassée au-dessus d’une flamme pour la « griller » à la main, et produire de beaux effets ombrés unique à chaque poignée.
DES ANSES DÉCLINÉES À L’ENVIE
Rapidement, l’anse en bambou devient une signature pour la maison italienne qui décide de la faire breveter en 1958, puis de la décliner sur plusieurs modèles de sa gamme maroquinerie. C’est ainsi que le shopper Diana est lancé en 1991, nommé d’après la princesse de Galles.
En 2015, c’est le parfum Bamboo qui est lancé pour ancrer un peu plus ce motif dans l’ADN de la maison Gucci.
Le clin d’œil est également régulier dans la branche bijouterie Gucci, comme dans la collection Printemps-Été 2025 où la maison poursuit son travail de lien entre tradition et modernité en réutilisant les codes de la maison.
BAMBOU, OSIER, ROTIN...
Si le bambou et l’osier avaient déjà connu une vogue dans les années 1920, l’invention du modèle Bamboo par la maison Gucci en 1947 accompagne le retour des matières naturelles et jugées peu onéreuses dans les arts décoratifs, en ce début des années 1950.
Bambou, osier et rotin retrouvent donc leur public, en Italie avec des designers comme Tito Agnoli ou le milanais Luciano Frigerio, ainsi qu’en France, notamment sur la Côte d’Azur avec Audoux Minet. On peut également citer Joseph-André Motte et son fauteuil Tripode édité́ en 1950 ou son modèle Girolle imaginé en 1963.
Le bambou et le rotin sont également mis à l’honneur par Janine Abraham, major de promotion à l’école Camondo en 1952, qui dessine le fauteuil Soleil en 1958 pour l’Exposition Universelle de Bruxelles, puis le Citron, reposant cette fois-ci sur des pieds en métal.
VOUS AVEZ DIT « ICONIQUE » ?
Dès sa création, le Bamboo de Gucci est largement porté par les célébrités de l’époque comme Ingrid Bergman. Son petit format est à la mode dans les années 1950, et sa rondeur associée au bambou traverse sans peine la mode des années 1960 et 1970 au bras des stars.
Plus tard, et puisqu’il est devenu si iconique, il reste un classique, porté par les fashionistas du monde entier... Et même par Harry Styles dans une version plus petite !
ET LES VENTES AUX ENCHÈRES DANS TOUT ÇA ?
On trouve régulièrement des sacs Bamboo en ventes aux enchères, dans des vacations spéciales consacrées à la mode, ou dans des ventes plus classiques !
Il faut bien chercher et examiner les états pour éviter les surprises, mais les Bamboo les plus abordables sont souvent adjugés entre 150 € et 400 €.
Cependant, les prix de ces sacs peuvent monter un peu plus haut pour dépasser les 1000 € selon leur matière ou leur rareté, c’est notamment le cas pour les modèles colorés, en autruche, en serpent ou en croco !